Pour beaucoup d'Houffalois, la Maison de repos est le gros bâtiment et les pavillons situés Route de Liège. Mais avant d'en arriver là, des hommes et des femmes se sont dépensés d'abord pour la créer, puis la faire vivre et enfin l'agrandir.

Emu par l'indigence dans laquelle vivaient beaucoup d'Houffalois, ses anciens concitoyens et quelques habitants de Sommerain (village voisin), Jean Antoine Augustin Wilmotte, né à Houffalize le 10 mai 1776, curé de la paroisse de Sommerain fit le testament suivant :

"... J'établis légataire universel de tous mes biens meubles et immeubles que je laisserai après mon décès, le bureau de bienfaisance de la ville de Houffalize, à l'effet d'y ériger un hospice de charité pour recueillir les pauvres vieillards des deux sexes et autres malheureux incapables de gagner leur pain, de ladite ville ainsi que de ma paroisse. Dans la suite, si cet établissement prospère, tous les malheureux impotents du canton, avec une attestation, des autorités locales civiles et religieuses de bonne conduite, devront y être admis. Cet hospice sera établi dans la maison que j'ai acquise des enfants de Noël Richard, avec jardin, et toutes ses dépendances. En conséquence, le bureau de bienfaisance, aussitôt après mon décès, fera dresser un inventaire de tout mon avoir, tant en meubles qu'en immeubles, pour qu'après l'autorisation du gouvernement, il en prenne l'administration et procède à l'érection dudit hospice. Il sera extrait une somme de 140 francs pour la Fabrique de Houffalize pour qu'elle fasse décharger annuellement deux anniversaires avec exposition du St Sacrement, le 13 juin à Saint Antoine de Padoue, l'autre le 28 août, jour de St Augustin. La même somme sera délivrée à la Fabrique de ma paroisse pour deux anniversaires semblables et qui se déchargeront à la même époque. Les dites fabriques auront soin de placer cet argent sur bonne hypothèque pour en garantir les paiements. De plus, je charge ledit bureau de bienfaisance de distribuer cent messes aux prêtres du canton pour être dites en mon intention. Tous les admis au dit hospice seront tenus d'assister aux anniversaires prérappelés et voudront bien me recommander dans leurs prières ainsi que mes parents défunts.

Ainsi fait et écrit de ma propre main en toutes lettres à Sommerain les jours, mois et an que dessus. Que le Seigneur notre Dieu soit béni et béni à jamais."[1][1]

Le curé Wilmotte décéda le 3 août 1854. 

Le 7 septembre 1855, l'arrêté royal fondant l'hospice est signé à Laeken.

Le 16 septembre 1857 : "autorisant la commission des Hospices de Houffalize à vendre divers immeubles, entre autres une maison avec écurie et jardin légués par le Sr Wilmotte, pour l'établissement d'un hospice pour vieillards...".

La propriété léguée ne convient donc pas pour y établir un hospice. La situation restera bloquée jusqu'en :

- 1884 : date à laquelle la commission d'assistance publique a acheté l'ancien château de Houffalize ou du moins ce qu'il en restait. Ce château situé en face de l'Hôtel de Ville sur l'emplacement du parking allait devenir l'hospice Wilmotte.

- 1888 : le château ne se prête pas à son utilisation comme hospice. Des travaux y seront effectués.

- 1901 : une annexe est construite pour y abriter du bétail.

Les personnes âgées sont soignées par 5 ou 6 religieuses de la Doctrine Chrétienne. La première directrice est Soeur Elizabeth.

- Jusqu'en 1944, la vie de à l'hospice se passe sereinement.

- Le 27 décembre 1944, l'hospice prend feu suite aux bombardements. Les résidents furent alors emmenés dans la tannerie toute proche.

- Le 28 janvier 1947, la Commission d'assistance publique projette d'acheter l'hôtel des Bruyères, Route de Liège.

- Le 11 octobre 1947, la décision est prise de reprendre les religieuses de la Doctrine Chrétienne.

- L'acte d'acquisition de l'hôtel des Bruyères est signé le 20 décembre 1947.

- Le 6 mars 1948 : début des travaux.

- Le 1 septembre 1949 : arrivée de 4 religieuses.

L'installation se fait dans de très mauvaises conditions : il n'y a pas d'eau courante, il n'y a pas de vitres aux fenêtres du rez-de-chaussée, ...

- Novembre 1950 : travaux d'aménagements

- Juillet 1951 : dénomination de "Maison de repos Wilmotte"

- 1952 : le conseil décide la construction des pavillons.

Une partie de l'argent nécessaire viendra des dommages de guerre dus par l'Etat pour la destruction de l'orphelinat Saint Joseph.

- 1977 : construction des pavillons

- 1978 : le Ministère de la Santé Publique refuse l'agréation de l'ancien bâtiment pour des raisons de sécurité.

- Juillet 1979 : le conseil du CPAS décide de démolir l'ancien bâtiment et de reconstruire une nouvelle maison de repos de 60 lits.

- 16 avril 1981 : les résidents quittent l'ancien bâtiment et vont occuper les pavillons. Une des Sœurs est nommée  Directrice.

- de 1982 à 1988 : abandon du projet pour différentes raisons (budgétaires et urbanistiques)

- 18 novembre 1991 : le Ministre Guillaume marque son accord de principe sur l'avant projet d'une maison de repos de 46 lits.

- 25 octobre 1994 : le Ministre Taminiaux approuve enfin le projet définitif et accorde les subsides sollicités.

Il aura donc fallut 16 ans pour que le projet de construction de la nouvelle maison de repos aboutisse politiquement et entre dans sa phase de concrétisation.

- Printemps 95 : les modules (cuisine, réserve, restaurant et buanderie) sont opérationnels.

- Juin 1995 : démolition de l'hôtel des Bruyères

- 20 septembre 1995 : pose de la 1ère pierre

- 1 octobre 1997 : occupation des locaux

- novembre 2013 : ouverture du Centre de Jour

Sylviane Plenevaux


[1] [1] Copie du Testament aux Archives de la cure de Houffalize